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Collecte, analyse, sécurité et interopérabilité des données, cadre législatif… Les barrières au développement de la santé connectée sont réelles, tout comme les possibles bénéfices d’une adoption plus large de ces dispositifs de santé connectée. CIO passe en revue les principaux défis à relever pour favoriser la croissance du secteur.

La santé connectée apporte son lot d’avancées, que ce soit pour la délivrance des médicaments, la réduction des coûts (en particulier pour les établissements) ou le suivi personnalisé des patients. Pourtant, la croissance de l’Internet des objets (IoT) dans le domaine de la santé connectée reste faible comparée à celle observée dans le secteur de l’industrie par exemple. Certains freins demeurent, qui expliquent cette croissance mesurée. CIO détaille les barrières à lever.

1. Des craintes sur la sécurité des données et la protection de la vie privée

Premier frein à la croissance de la santé connectée : la sécurisation des données et le respect de la vie privée. Une crainte des professionnels de la santé et de l’IT particulièrement forte en ce qui concerne l’IoT, dont de nombreux réseaux (en particulier dans l’industrie) restent encore très vulnérables au piratage.

L’accès direct des professionnels de la santé aux informations recueillies par le biais des objets connectés nécessite par ailleurs, de l’avis de CIO, un cadre législatif clair, que ce soit dans une optique de collecte, d’utilisation voire de partage. Une obligation à informer les patients semble être une première étape indispensable.

2. Des difficultés à collecter et analyser des données de sources et de formats très variés

Les bénéfices des programmes de santé connectée ne seront véritablement perceptibles que lorsque l’ensemble de la data disponible sur un patient pourra être analysable. Cette vue d’ensemble d’un patient ou d’une population pourra permettre l’obtention de résultats significatifs. Pourtant, cet aspect est encore très peu développé dans le secteur de la santé connectée, en partie du fait de la variété de sources de données et en partie du fait des défis d’interopérabilité que cela pose (les formats étant rarement identiques selon les constructeurs d’équipements ou les services utilisés).

La qualité de ces data pourrait également être améliorée avec la montée en puissance de la mHealth, c’est-à-dire les applications mobiles de santé connectée. Seules 2% d’entre elles peuvent actuellement relier patients et fournisseurs de soins. Pourtant, près de 10% de ces applications peuvent se connecter à un capteur, ce qui augmenterait significativement la facilité de collecte et d’analyse des data médicales, en favorisant le niveau d’engagement des patients, la qualité et la sécurité de ces data.

3. Un cadre législatif inadapté aux mutations de la santé connectée

Dernière barrière à lever : une législation inadaptée et qui peine à suivre le rythme des innovations du domaine. Le remboursement des programmes de santé connectée est par exemple encore très parcellaire et loin d’être incitatif, alors que de plus en plus d’organisations poussent à l’adoption de programme de type Accountable Care Organizations. Pourtant, la santé connectée peut permettre des économies non négligeables.

A court terme, le cadre législatif ne semble donc pas être encore prêt à gérer la complexité induite par la numérisation de la santé. Mais cela risque bien de changer à long terme : les bénéfices de l’IoT et de la santé connectée étant potentiellement bien supérieurs aux risques ou inconvénients actuels.