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Digitaliser l’art de la table, un paradoxe ? C’est en tout cas l’objectif de la marque Guy Degrenne, grand nom de la vaisselle et de la verrerie depuis 1948. Une étape importante dans le développement de l’entreprise, nécessaire selon elle pour garder une longueur d’avance sur ses concurrents.

Digitalisation des distributeurs, des points de vente, de la relation client, de la chaîne de fabrication des produits, mise en place d’outils de productivité en interne… La transition de Guy Degrenne vers le numérique s’est faite pas à pas. Le point de départ de cette réflexion ? Une attentive observation du marché et de l’entreprise, selon Thierry Villotte, président du directoire de l’entreprise :

« Nous nous sommes rendu compte que nous avions un énorme problème : nous ne connaissions pas notre stock en temps réel. Cela a été la toute première étape : comment fait-on pour disposer du stock de chacun de nos points de vente en temps réel ? »

Un impact significatif sur la gestion des stocks

Après le constat, restait à trouver l’outil approprié : « Quand nous avons regardé quelle solution utiliser, on s’est orienté vers un ERP [Entreprise Ressource Planning, NDLR] et on a rapidement cerné que les outils de Microsoft permettaient de répondre à tous les besoins du groupe : en production, en gestion de stocks et en points de vente », explique Thierry Villotte.

Pour Martial Villière, directeur Supply chain chez Guy Degrenne, la mise en place d’un tel outil permet un progrès important dans la gestion des stocks de l’entreprise :

« Nous avions besoin d’un outil capable de gérer la complexité de notre entreprise, à savoir un grand nombre de références commerciales [12 000, NDLR] et une diversité dans nos clients, professionnels ou particuliers. Mais nous avions aussi besoin d’un outil simple pour les utilisateurs. Dynamics AX nous a semblé être le bon compromis pour notre entreprise. Nous avons ainsi réussi à résorber de façon significative nos stocks, en passant d’une situation où nous avions 36 millions de stock à environ une vingtaine de millions. Le tout avec une activité en croissance. »

« La marque Guy Degrenne est ancrée dans une profession qui n’est absolument pas digitale. Il n’y a en effet rien de numérique dans l’art de la table. »


Thierry Villotte, président du directoire

Et le client ?

Au-delà de la gestion interne des stocks, le client devait également bénéficier de cette transformation. Thierry Villotte précise :

« La marque Guy Degrenne est ancrée dans une profession qui n’est absolument pas digitale. Il n’y a en effet rien de numérique dans l’art de la table. Et pourtant, le consommateur est en appétit là-dessus, dans son parcours client et même sur des produits qui pourraient être connectés un jour. »

Un « appétit du digital » qui nécessitait de donner la possibilité aux clients d’acheter en ligne, selon Céline Malgras, directrice Digitalisation et e-Commerce :

« Nous avons proposé aux client de commander en ligne. La première étape a été bien sûr de pouvoir relier cette boutique aux stocks centraux pour pouvoir livrer rapidement les clients, en moins de 48h. »

En proposant également la e-réservation, Guy Degrenne a pu rassurer les 80% d’internautes qui consultaient des informations produit ou des prix sans pour autant aller jusqu’à l’achat en ligne. De quoi favoriser une disponibilité des produits près de chez eux et la circulation des flux d’informations entre le consommateur et le point de vente.

Et rassurer les franchisés ? « Les points de ventes ont d’abord considéré que le e-commerce allait “leur voler leur chiffre d’affaires” et le voyaient d’un très mauvais œil. Nous avons dû leur montrer qu’en dépensant de l’argent pour créer du trafic sur le site Internet, on renvoyait une partie de ce trafic-là vers leurs boutiques. Cela est notamment le cas avec notre fonctionnalité de réservation en ligne », explique Thierry Villotte.

> A lire aussi : E-commerce : comment Guy Degrenne a réussi à embarquer ses forces de vente dans sa digitalisation

A l’heure actuelle, 80% du chiffre d’affaires passe par du digital et 13% des ventes aux particuliers se font par ce canal.


Crédit image : Didricks/ Flickr.com/ Licence CC BY 2.0

Un renouvellement en profondeur de la culture d’entreprise

Mais la digitalisation ne consiste pas seulement à proposer de nouvelles offres commerciales. C’est aussi un véritable sujet interne. Mis en place progressivement au sein des différents services, les outils collaboratifs ont par exemple permis à Guy Degrenne de « casser les barrières entre les services et de faire en sorte que l’information circule mieux. En bout de course, c’est beaucoup de productivité en plus pour l’entreprise, et notamment l’avancement de développement de projets qui va beaucoup plus vite », note Thierry Villotte. La principale difficulté selon le président du directoire ?

« Embarquer toutes les équipes, du service des ventes aux équipes administratives en passant par la logistique ou la production. »

Résultat : à l’heure actuelle, 80% du chiffre d’affaires est passé par du digital et 13% des ventes aux particuliers se sont faites par ce canal. Une dynamique que Thierry Villotte souhaite voir se poursuivre : « Je dirais que nous avons encore un peu d’avance sur nos concurrents. Mais pour ne pas nous faire distancer, il faut que l’on continue d’avancer et plus rapidement ! »

Les prochaines étapes ? Le déploiement de smartphones Lumia auprès des commerciaux itinérants – pour qu’ils aient accès aux outils internes ainsi qu’aux informations client – et la mise en place d’un parc de PC hybrides.

 

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