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Non, le travail des DSI ne se limite pas à la résolution de problèmes informatiques. Dans un univers de plus en plus digitalisé, la DSI doit être pleinement connectée à la stratégie business de l’entreprise. Pour ce faire, il est indispensable qu’elle soit en relation constante avec la direction générale et les directions métiers. Car sans elle, la transformation numérique ne pourra pleinement se réaliser.

En 2014, le numérique a représenté 5,5% du PIB français, soit environ 113 milliards d’euros. Preuve, s’il en est, que le secteur y joue déjà un rôle important, et que la marge de progression est encore vouée à évoluer : pour le cabinet McKinsey, la France accuse ainsi un retard par rapport à ses homologues européens, notamment en matière de transformation digitale de ses entreprises.

Pourtant, si chaque entreprise opérait sa mue, le numérique pourrait rapporter 100 milliards d’euros supplémentaires au PIB national, selon Stéphane Bout, Directeur associé du cabinet de conseil. Dans un pays en permanente recherche de croissance, quels obstacles empêchent encore d’accélérer un mouvement dont les DSI peuvent s’affirmer comme fers de lance ?

A l’occasion de la conférence « Transformation numérique : franchir les obstacles » qui s’est tenue fin novembre 2015, Thierry Villotte, PDG de Guy Degrenne, Jean-Louis Benard, PDG de Brainsonic et Philippe Charton, consultant en transformation digitale passé par EDF, ont partagé bonnes pratiques et retours d’expérience sur la conduite d’une digitalisation orientée business. Microsoft Ideas y était.

> DSI : Parlez-vous business ? Retrouvez l’intégralité de cette conférence en vidéo

DSI parlez vous business

« La technologie n’est qu’un moyen au service de la transformation digitale. »


Jean-Louis Benard (Brainsonic)

DSI et transformation numérique : certains clichés ont la peau dure

Pour Philippe Charton, un temps chef de la e-transformation chez EDF avant de devenir consultant, l’une des principales difficultés reste d’embarquer toutes les directions dans un projet que beaucoup jugent, à moyen termes, moins prioritaire :

« Au départ, lorsque l’on a entamé la transformation digitale d’EDF, j’ai commencé par rencontrer les directeurs des ressources humaines ou de la communication car les directions métiers n’étaient pas sensibles à ce sujet. Elles nous ont rejoint ensuite. »

Car faire comprendre l’intérêt business d’une transformation digitale n’est pas forcément évident, comme le confirme Thierry Villotte (Guy Degrenne) :

« Guy Degrenne, c’est une very old economy : la porcelaine existe depuis plus de 2000 ans ! Mais la réflexion sur la transformation digitale est stratégique. Ce n’est pas qu’une question de ROI mais de survie ! »

Une transformation indispensable dans laquelle la DSI a toute sa place, et ce malgré quelques clichés persistants :

« La DSI est souvent attendue avec un niveau d’exigence très élevé sur les enjeux technologiques […] mais cette technologie n’est qu’un moyen au service de la transformation digitale, qui pose des problèmes organisationnels, structurels, économiques… », explique Jean-Louis Benard, PDG de l’agence Brainsonic.

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Le secteur de l'énergie, en profonde mutation voit les consommateurs devenir producteurs.


 

S’adapter aux nouveaux usages et attentes des clients

Depuis l’ouverture des marchés il y a un peu plus de dix ans, EDF fait face à de nombreux défis, explique Philippe Charton. Quand plus de 50% du chiffre d’affaires se fait maintenant hors du marché français historique, et face à une concurrence offrant de plus en plus de services, l’entreprise est obligée de miser sur l’innovation.

Sans compter que les consommateurs ont changé : autrefois du seul côté de la demande, ils produisent à leur tour une offre énergétique par le biais de panneaux solaires. Avec une énergie électrique qui ne se stocke pas – alors qu’elle est essentielle-, l’expert imagine notamment de nouvelles solutions inspirées des réseaux sociaux pour créer des réseaux de partage d’énergie plus intelligents entre entreprises et consommateurs/producteurs.

Cette nouvelle économie, où tout se joue sur une intermédiation intelligente, replace au cœur des entreprises la notion de service client. Pour le PDG de Guy Degrenne, Thierry Villotte, améliorer le service en le rendant plus simple, plus efficace du côté de certaines équipes de commerciaux, c’est aussi et surtout un moyen de satisfaire mieux et plus vite le client.

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« Les DSI n’ont pas à se substituer aux directeurs métiers, mais ils doivent engager le dialogue. »


Jean-Louis Benard (Brainsonic)

La transformation en actes

Comment s’y prendre alors, pour passer de l’évidence d’un progrès possible à sa mise en place concrète ? Le dialogue est, pour Jean-Louis Benard, l’étape primordiale à respecter :

« Les DSI n’ont pas à se substituer aux directeurs métiers, mais ils doivent engager le dialogue. Et pour convaincre à large échelle, il faut miser sur des projets impactants, aux bénéfices concrets. »

Dans des grandes structures où même les projets les plus faciles à mettre en place pour le plus grand nombre – comme les réseaux sociaux d’entreprises – peuvent mettre du temps, Philippe Charton recommande de s’entourer :

« Ne restez pas seuls, trouvez des alliés dans l’entreprise car la transformation numérique ne peut pas peser sur épaules des seuls DSI, c’est dangereux et contre nature. Elle concerne chacun, même si ce sont les DSI qui ont ce levier. »

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Pour le PDG de Guy Degrenne, c’est effectivement incontestable : si la direction de l’entreprise n’est pas le premier soutien de la transformation digitale, celle-ci n’avancera pas. En revanche, si le DSI sait s’entourer en interne, recruter les compétences manquantes – parfois en externe – et embarquer les collaborateurs par des bénéfices concrets et des formations, la transformation digitale ouvre à tous « de nouveaux horizons ».

Pour Philippe Charton, ce n’est au final ni la question technique ou financière qui sont « les points d’achoppements de la transformation, explique-t-il, mais les relations entre collaborateurs : « j’ai souvent tendance à dire que la transformation digitale, c’est avant tout une aventure humaine… ».

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