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A l’origine plutôt créé pour financer des projets culturels ou associatifs, le crowdfunding s’est peu à peu emparé du monde de l’entreprise, en particulier via les start-up. Les grands comptes, de leur côté, commencent à s’y intéresser. Etat des lieux du secteur avec Caroline Lamaud, CMO and founder de la plateforme spécialisée Anaxago.

Qu’est-ce que le crowfunding ?

Caroline Lamaud : A la base, le crowdfunding était surtout un moyen pour les projets culturels et artistiques de se financer, car il est de moins en moins facile de lever des fonds dans ces secteurs. Au début, cela a très bien marché pour la musique et la culture, puis cela s’est peu à peu ouvert à d’autres écosystèmes. Notamment les start-up. Pour elles c’est un très bon test pour savoir si une entreprise peut fonctionner, c’est-à-dire s’il y a véritablement un marché pour un produit ou un service.

C’est pour cela que nous avons lancé en 2012 Anaxago, une plateforme de crowdfunding qui a pour objectif de permettre à des investisseurs privés de donner un coup de pouce financier à des start-up, et donc leur apporter l’opportunité de se lancer sur une base de fonds propres.

Au total, Anaxago représente 45 millions d’euros de fonds investis dans près de 80 entreprises ! Pour le moment, le plafond qu’une entreprise peut lever chez nous est d’un million d’euros, mais il devrait rapidement être porté à 2,5M€ par les autorités de régulation.

« Pour les start-up, le crowdfunding est un très bon test pour savoir si il y a véritablement un marché pour un produit ou un service. »


Crédit image : Rocio Lara via Flickr CC BY 2.0

Quelles utilisations peuvent-être faites du crowdfunding ?

C’est vaste ! Cela peut être pour une campagne de communication, pour lancer une entreprise, pour un projet spécifique…

Plus concrètement, plusieurs cas d’usage permettent de voir les utilisations qui peuvent être faites du crowdfunding : Pebble, par exemple, a levé 10 millions de dollars pour sa montre intelligente, la Pebble Watch ! C’est l’un des succès historique du crowdfunding.

Je pense aussi à une jolie histoire, qui prouve que les initiatives relatives au secteur de la santé marchent très bien sur les plateformes de crowdfunding : la firme Acticor Biotech a créé un médicament permettant de lutter contre l’AVC ischémique. En à peine deux mois, ils ont levé près d’un million d’euros chez nous ! Et les contributeurs étaient presque tous des hommes, entre 45 et 50 ans, preuve qu’ils se sentent très concernés…

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui veut se lancer dans le
crowdfunding ?

Dans un premier temps, il faut qu’elle s’assure qu’elle a le temps, car mener une bonne campagne demande beaucoup de temps. Elle doit également vérifier qu’elle est prête à avoir une centaine de « backers » ou d’investisseurs avec qui discuter.

Il faut également que l’entreprise ait une stratégie solide, ce qui signifie se préparer en amont, choisir la bonne plateforme, celle qui correspond à ses besoins et à son secteur, etc. Comme toute les campagnes, une campagne de crowdfunding doit se préparer !

En revanche, il y a des écueils à éviter : il faut absolument être transparent et être prêt à échanger en direct et sans filtre

« Il faut que l'entreprise ait une stratégie solide, ce qui signifie se préparer en amont, choisir la bonne plateforme, celle qui correspond à ses besoins et son secteur. »


Crédit image : ColaBoraBora via Flickr CC BY 2.0

En quoi le crowdfunding peut-il inspirer les grands comptes ?

L’objectif des grands comptes est rarement le même que celui des start-up. Si le lancement ou la création d’un produit ne dépend pas d’une campagne en soi, le crowdfunding peut néanmoins avoir un intérêt.

Cela peut par exemple être une bonne idée pour tester un produit ou un service avant sa mise sur le marché. Plutôt sur des produits B2C d’ailleurs : cela permet de se confronter au public et de recueillir leurs impressions car les communautés de crowdfunding sont très larges ! Potentiellement, des milliers de « backers » se cachent derrière les pseudos des internautes…

Autre intérêt : la communication. Une campagne de crowdfunding bien menée peut permettre de faire un « coup » et faire largement parler de l’entreprise. Des « coups » bien moins chers que des spots télévisés par exemple… Avec un potentiel risque : une campagne de crowdfunding signifie se frotter au monde d’Internet, donc au monde des trolls ! Et pour les grands comptes, ce n’est pas toujours inné…