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Depuis 2013, le groupe AccorHotels a engagé un grand projet de transformation à un niveau stratégique, digital et managérial. Rassembler tous les sièges parisiens au sein de la tour Sequana était dans la lignée des changements en cours dans le groupe et devait être le reflet d’une nouvelle culture managériale. En quoi ce déménagement s’inscrit-il dans la nouvelle dynamique du groupe ? Microsoft Ideas s’est entretenu avec Caroline Fouques, directrice du projet d’implantation du nouveau siège parisien du groupe.

En 2015, vous prenez la direction de l’implantation du nouveau siège parisien du Groupe AccorHotels. Quelle est l’ampleur d’un tel projet ?

Caroline Fouques : Le nouveau siège se devait d’être le reflet de l’évolution de notre culture managériale et des nouveaux modes de fonctionnement que nous essayons de mettre en place au service des collaborateurs, plus agiles, plus transparent et plus collaboratifs.

Par ailleurs, nous avions clairement pour objectif de réunir les équipes qui travaillaient dans plusieurs sites à Paris. Cela devenait très inadaptée à nos modes de travail, surtout lorsque l’on cherche à travailler de façon plus transversale. Et il était de surcroît impossible d’accueillir de nouvelles équipes…

Quels sont les principaux challenges que vous identifiez ?

Il y avait tout d’abord le challenge du temps : il fallait finir les travaux d’une tour de 43 000 m2 en quelques mois. Au cœur du projet également, ma feuille de route consistait à créer un lieu qui nous permette de faire évoluer nos modes de travail pour développer de l’agilité, de la transparence et davantage de collaboration entre les équipes.

Il fallait décloisonner les espaces pour plus de transparence. La décision a été prise de supprimer tous les bureaux individuels. Concrètement, nous avons axé notre réflexion autour du fait qu’aujourd’hui, le travail ne s’effectue plus qu’uniquement derrière son poste de travail : il fallait créer des lieux de travail alternatifs aux bureaux en open space.

« Il fallait décloisonner les espaces pour plus de transparence. La décision a été prise de supprimer tous les bureaux individuels. »


 Actif Signal via YouTube

Pour cela nous avons complètement réorganisé la tour Sequana, qui abritait les anciens locaux de Bouygues Telecom. Il fallait créer des espaces qui incitent à la créativité : une multitude de petites bulles et salles de réunion bien insonorisées pour deux trois personnes, ainsi que des espaces de réunion très originaux, très collaboratifs et hyper connectés sur les murs desquels on peut écrire, avec du mobilier modulable… Des espaces qui incitent au dialogue et à la créativité ou encore dédiés au coworking afin de faciliter le travail de nos équipes qui font la navette entre le siège historique, toujours à Evry, et nos nouveaux locaux.

Des espaces de pause existent à tous les étages, imaginés main dans la main avec les collaborateurs : ce sont eux qui les ont dessinées sur le thème des maisons de vacances à la mer, la montagne, la campagne… Le bâtiment dispose de trois restaurants différents, une salle de sport, des services de proximité… Bref, cet environnement de travail a été pensé au plus près des besoins des collaborateurs.

A quel moment le numérique est-il intégré dans votre réflexion ?

Très vite, car lorsqu’on parle de travailler autrement, c’est avant tout de pouvoir accéder à son environnement de travail et à ses documents depuis tous les supports (ordinateur, mobile, tablette). L’impératif est de pouvoir se connecter facilement et partout. Ce projet ne pouvait être pensé sans mettre le numérique au cœur, cela n’aurait pas eu de sens.

Nous avons par exemple installé des Surfaces Hub à tous les étages, avec des écrans de 84 pouces, pour pouvoir organiser des réunions Skype très facilement. Et toutes les salles de réunion sont équipées d’écran 65 pouces où l’on se connecte sans câble.

Nous avons également mis à disposition des collaborateurs une application spéciale pour la tour, afin par exemple, de réserver une salle de réunion en un clic, de connaître la disponibilité des bulles et des boxes, de réserver une table à la brasserie du dernier étage… Nous avons également intégré le téléphone sur nos ordinateurs, qui permet de téléphoner de n’importe où, avec des pieuvres dans toutes les salles.

Un déménagement impacte bien évidement l’organisation personnelle des collaborateurs. Le numérique nous offre la chance de gagner en agilité en développant des dispositifs tels que télétravail, le co-working, ou le BYOD. Cela a engendré une belle coopération avec les ressources humaines et les représentants du personnel pour s’organiser autour de ces sujets et faciliter la vie de nos collaborateurs.

« Nous avons également créé une application spéciale pour la tour, afin de réserver une salle de réunion, un box, une table à la brasserie du dernier étage... »


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Comment avez-vous fait pour intégrer les demandes opérationnelles ?

Au tout début du projet, cela s’est passé avec des réunions par équipe. Ensuite, c’est devenu beaucoup plus collaboratif, avec des sondages en ligne, des quizz ou des votes des collaborateurs. Lorsqu’est venu le moment de choisir  les sièges de travail par exemple, un showroom a permis aux collaborateurs de venir tester directement les modèles et voter pour celui qu’ils préféraient. Résultat : ce sont eux qui les ont choisis.

Une équipe d’ambassadeurs volontaires sur le terrain ainsi que le réseau social Yammer, nous ont aidés à accompagner et informer les collaborateurs: cela a simplifié les échanges et ouvert le dialogue.

Des freins sont-ils apparus ?

Le premier frein, naturel, était lié au déménagement : changer ses habitudes, c’est toujours quelque chose qui fait peur. Mais tout le monde a également bien compris qu’on ne tenait littéralement plus dans les anciens locaux !

Les autres freins concernent davantage la prise en main des outils digitaux, car les collaborateurs ne les connaissaient pas suffisamment. Pour pallier à cela, nous avons organisé, au moment du déménagement, des mini-formations en petits groupes ou en plénière dans notre amphithéâtre.

Depuis septembre, vous avez intégré l’équipe « Disruption & Growth ». Quelles sont vos nouvelles missions ?

Le monde de l’hôtellerie et plus largement de l’hébergement, a profondément changé ces dernières années: il faut désormais s’adapter aux nouveaux usages, aux nouvelles générations, aux nouveaux métiers… AccorHotels explore de nouvelles sources de revenus et identifie de nouveaux concepts pour faire partie des «game changer» de l’industrie.

Par exemple nous avons acquis et pris des parts dans des start-up qui travaillent ces nouveaux concepts, comme le private rental, la location privée associée à des services hôteliers. L’une de mes missions est de créer les synergies nécessaires avec le groupe pour s’assurer de la bonne gestion des participations du groupe.

Nous développons également un écosystème de startups et d’entrepreneurs permettant à AccorHotels d’être toujours à la pointe des nouvelles idées, des nouveaux services, des nouvelles technologies, compatibles avec les activités actuelles ou futures du groupe. Cette équipe apporte un autre regard sur le business, avec de nouvelles méthodes agiles pour multiplier les leviers de croissance.