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A quoi va ressembler le monde de demain ? S’il est difficile de répondre à cette question, grâce à la futurologie, il est néanmoins possible de se préparer à toutes les alternatives possibles, voire d’influer sur le cours des choses.

Un nouvel épisode de la série de webcasts Modern Workplace donne la parole à deux futurologues : Angela Oguntala, designer et experte en prospective, et Jacob Morgan, qui est également l’auteur du best-seller The Employee Experience Advantage. Retrouvez les points-clés de l’entretien.

Un futurologue, qu’est-ce que c’est ?

Angela Oguntala : Je travaille avec des entreprises et des organisations pour penser le futur. Cela peut prendre la forme de nouveaux projets, processus, produits ou stratégies, adaptés à un futur proche, ou plus lointain. J’assure aussi des formations pour que les entreprises puissent disposer de ces compétences en interne.

Jacob Morgan :  J’aide les gens à ne pas être surpris par ce que demain va apporter. Souvent, nous sommes obnubilés par un futur et on oublie que plusieurs futurs sont possibles, j’accompagne donc les organisations pour qu’elles puissent identifier ces futurs, et qu’elles aillent dans le sens de celui qu’elles veulent voir arriver.

« Plutôt que d’essayer de prédire le futur, il s’agit de réfléchir à des alternatives et aux différentes forces qui impactent l’entreprise » – Angela Oguntala

Angela Oguntala : Mieux les entreprises comprennent comment faire une forme utile de prévisions, plus elles ont une influence, plus elles réfléchissent, plus elles sont résilientes et créatives, c’est ça l’utilité de la futurologie. Mais, trop souvent la question se résume à : « Que pouvons-nous prédire ? »

Jacob Morgan : Un futurologue ne dit pas ce qu’il va arriver, il n’est pas la source de vérité, il est là pour développer une forme de « creative thinking ».

Quelles sont les tendances mises au jour par les futurologues ?

Jacob Morgan : Cinq grands tendances façonnent l’avenir du monde du travail.

La première, ce n’est pas une surprise, c’est que les millenials changent la démographie, et entraînent donc une deuxième tendance, qui consiste à adopter de nouveaux comportements, comme l’utilisation de nouveaux modes de communication, que nous connaissions déjà dans notre vie personnelle et qui arrivent dans l’univers professionnel pour nous aider à collaborer, partager, apprendre, le tout à distance. C’est un phénomène que les organisations essayent d’attraper mais qu’elles ne comprennent pas toujours.

Ensuite, nous avons la mobilité, c’est-à-dire le fait de pouvoir travailler n’importe quand, n’importe où et depuis n’importe quel terminal. La question, c’est comment on travaille avec ces équipes qui n’ont pas besoin d’être regroupées à l’intérieur d’un siège social central.

Autre chose, la globalisation, et l’idée que nous vivons dans un monde où les frontières, quelle que soit leur nature, n’existent pas : la langue que vous parlez, la monnaie que vous utilisez, la région où vous vous situez… Tout ça a tendance à compter de moins en moins.

Enfin, la cinquième tendance, c’est la technologie : la business intelligence, le big data, l’IoT, le cloud, la réalité virtuelle et augmentée… Ce sont des sujets que les entreprises doivent saisir mais qui causent encore des difficultés.

Etes-vous surpris quand vous travaillez avec des entreprises ?

Jacob Morgan : Ce qui me surprend toujours, c’est combien les organisations tendent à s’accrocher à une vision court-termiste. Nous sommes obsédés par les bilans trimestriels, si bien que nous développons des schémas de pensées à court terme. C’est très compliqué de se débarrasser de cette mentalité et de voir au-delà de l’horizon. Nous sommes souvent coincés à faire ce que nous avons toujours fait.

Angela Oguntala : Quand j’arrive dans une entreprise, on me demande souvent quels sont les meilleurs et pires scénarios possibles. Je dois expliquer qu’ils n’existent pas, que ce sont les choix que nous faisons qui déterminent le futur. Tous les problèmes et objectifs ont énormément de strates et il faut souvent prendre de la hauteur pour s’interroger sur le système dans son ensemble.

Quelles sont les préoccupations des dirigeants ?

Angela Oguntala : La conduite du changement. Nous n’y sommes pas habitués et il faut adopter une certaine forme de flexibilité cognitive, assez peu confortable, mais nécessaire.

Jacob Morgan : La technologie et l’impact qu’elle a sur le travail. Aujourd’hui, les évolutions sont tellement rapides que nous avons peur qu’elles impactent nos modes de vie et notre liberté.

Quels conseils peut-on livrer aux entreprises et aux organisations ?

« Le premier pas, c’est déjà d’accepter que nous allons vivre ces transitions, et d’être capables d’y répondre, plutôt que de subir les changements » – Angela Oguntala

Angela Oguntala : Notre monde a été construit pour donner de la valeur à des gens qui sont très spécialisés, très silotés. C’est en train de changer, nous allons commencer à avoir besoin de gens qui disposent de combinaisons de compétences et qui peuvent avoir une perspective plus globale, être plus flexibles dans la façon dont ils résolvent des problèmes et absorbent de nouvelles informations.

« Evitez la passivité, soyez actif pour construire le futur dont vous avez envie » – Jacob Morgan

Jacob Morgan : La première chose, c’est de s’assurer que les bonnes idées sont entendues. Regardons comme les réseaux sociaux ont permis l’apparition de nouveaux gourous de pensées, pas parce qu’ils sont des génies, mais parce qu’ils ont su utiliser ces plateformes pour se connecter à d’autres et partager leur vision. Il faut reprendre ce concept et l’appliquer à son organisation.